Les Acacias



Faire la route avec d'autres,
le cinéma est là aussi pour ça


Les Acacias
de  Pablo Giorgelli

| Argentine | 2011 | 1h25 | distribution : Bodega films |
| Caméra d'or Cannes 2011 | soutenu par l'AFCAE |
| sortie nationale :  4 janvier 2012 |

Un film choisi par un jury composé de :
Yves Aumont • Ouest-France
Catherine Bailhache • ACOR
Christophe Kantcheff • Politis
Eric Loret • Libération
Isabelle Regnier • Le Monde
Rubén est un routier solitaire qui transporte du bois depuis des années d’Asuncion à Buenos Aires. Mais un matin, sur une aire d’autoroute, il prend à son bord Jacinta et son bébé, Anahi, pour leur faire passer clandestinement la frontière. Sur la route de Buenos Aires, une relation va se nouer progressivement.

Le film les Acacias de Paglo Giorgelli est soutenu par l'ACOR. Il a été choisi dans le cadre de la collaboration de l'ACOR avec le SDI - Syndicat des distributeurs indépendants et le FIF 85 – Festival international du film de La Roche-sur-Yon autour des Premières rencontres du cinéma indépendant de La Roche-sur-Yon.

Texte du jury presse FIF 85



Le cœur et les raisons






par Yves Aumont, Ouest-France,  Christophe Kantcheff, Politis,  Eric Loret, Libération, et Isabelle Regnier, Le monde,
critiques membres du jury du FIF 85 pour la sélection des films du SDI





Le SDI – Syndicat des distributeurs indépendants – a proposé à ce jury des films inédits dont la sortie était prévue à l'époque dans les mois suivants. Les quatre films dont il est question ici sont ceux retenus par le jury. En octobre dernier, ces films ont fait partie d'une programmation montrée dans le cadre du Festival international du film de La Roche-sur-Yon, dans le cadre des Premières rencontres du cinéma indépendant du Festival.

Après l’expérience plaisante et enrichissante du jury de la presse l’an dernier, le festival de la Roche-sur- Yon nous a sollicités pour sélectionner les films du Syndicat des distributeurs indépendants présentés lors de l’édition 2011.

Demande inhabituelle pour un quatuor de critiques venus d’horizons différents. Fallait-il cesser d’exercer notre métier et composer une programmation ? Nous l’avons tenté d’abord. Notre sélection devait-elle être éclectique, consensuelle, représentative des films qui nous étaient soumis ? Cet essai a fait long feu : pour chacun de nous, seuls deux ou trois films comptaient réellement.

Nous avons donc décidé d’affirmer un choix résolu, une sélection cohérente et stimulante. Notre désir de la proposer aux spectateurs en est d’autant plus vif. « Un choix résolu », cela signifie en premier lieu l’adhésion la plus large au sein de notre petit collectif, et justifiée par des arguments forts. Ainsi, sur les douze films qui ont été donnés à voir, nous en avons retenu quatre : My Land de Nabil Ayouch, les Acacias de Pablo Giorgelli, The Day He Arrives de Hong Sang-soo et Il n’y a pas de rapport sexuel de Raphaël Siboni, les deux derniers l’ayant été à l’unanimité. Certes, nous ne pouvons revendiquer de révéler quatre œuvres inédites : les films de Hong Sang-soo sont régulièrement sélectionnés à Cannes, et les Acacias y a obtenu cette année la Caméra d’or (prix réservé à un premier film, toutes sections confondues). Mais nous n’avions aucune raison d’écarter ces films, bien au contraire, dès lors que nos choix ont été avant tout guidés par l’idée que nous nous faisons de l’exigence cinématographique, comme d’une ouverture, d’une surprise à partager.




Il n'y a pas
de rapport sexuel
ouvre des abîmes
de questionnements


Surpris, nous l’avons été par Il n’y a pas de rapport sexuel de Raphaël Siboni, un film qui frappe autant par ce qu’il montre que par le geste qui en est à l’origine. Plus connu dans le milieu de l’art contemporain où son nom est toujours associé à celui d’un autre artiste, Fabien Giraud, Siboni change ici de partenaire mais reste fidèle à l’éthique collaborative qui est au cœur de son travail. Ce documentaire est un pur film de montage, conçu à partir d’images froidement filmées pendant dix ans sur les plateaux des tournages X de HPG. Sans porter aucun jugement, Il n’y a pas de rapport sexuel ouvre des abîmes de questionnements : sur la sexualité, la solitude moderne, les mystères du désir et du plaisir, la domination et l’aliénation.




Mettre à mal les certitudes et les modes de représentation du spectateur, se donner comme un miroir grossissant, très déstabilisant, du monde tel qu’il va, c’est aussi le travail de My Land, documentaire du cinéaste franco-marocain Nabil Ayouch sur le conflit israélo-palestinien.
Contrairement à d’autres, Ayouch ne défend pas une cause, ni n’entonne l’air consensuel de la réconciliation à tout prix. Il s’inscrit plutôt dans le prolongement d’une démarche personnelle, celle d’un homme parvenu à dépasser une position strictement passionnelle vis-à-vis d’Israël et des injustices commises envers le peuple palestinien, en un désir de voir sur place, de se confronter à la situation dans toutes ses nuances. 
Mettre à mal les certitudes
et les modes de représentations
du spectateur […],
c'est aussi le travail de My Land


My Land est fondé sur une belle idée de cinéma, qui a consisté à filmer les témoignages de vieux Palestiniens réfugiés au Liban depuis qu’ils ont été chassés de leurs terres par l’armée sioniste en 1948, et de les faire entendre à de jeunes Israéliens qui vivent aujourd’hui sur ces mêmes terres, dont la plupart sont dans le déni des circonstances tragiques qui ont présidé à la création de leur pays. Ces images agissent sur eux comme un retour du refoulé. L’intensité de leurs réactions atteste d’un malaise diffus autant que de leur attachement indéfectible au lieu où leur vie se déploie. My Land concentre toute la complexité politique et psychologique de ce conflit, qui ne peut pourtant rester sans solution. Ce n’est pas la moindre de ses qualités.




Chez Hong Sang-soo, c'est l'existence elle-même, infiniment passive et éternelle, qui regarde les personnages

Aucune politique ou sociologie visible au contraire chez le Coréen Hong Sang-soo.
Dans The Day He Arrives, la musique est connue. C’est une ritournelle qu’on revisite avec le même plaisir, depuis dix ans qu’on le fréquente. On boit, on s’engueule, un cinéaste raté rencontre des femmes, des étudiants, le temps d’un séjour à Séoul. Les tables se suivent et se ressemblent, on dit ce qu’on ne pense pas, on ne fera pas ce qu’on dit, on ne sait plus ce qu’on pense.  
The Day He Arrives est une petite forme, un film de poche, en noir et blanc, et Séoul ressemble à Venise sous la neige. Economie des plans, éloge de l’amour court, puisqu’on ne drague ici que dans le but de se quitter ensuite pour toujours. Avec ce film bref, jamais on n’avait aussi bien aperçu que, chez Hong Sang-soo, c’est l’existence elle-même, infiniment passive et éternelle, qui regarde les personnages.




Autre existentiel, l’Argentin Pablo Giorgelli déroule un scénario minimaliste, linéaire, silencieux ou presque, en inscrivant 1.500 kilomètres de plus dans une cinématographie nationale aimantée par l’axe routier nordsud où circulent déjà de nombreuses figures solitaires, telles Bombón el Perro de Carlos Sorin. Ici, un camionneur mutique, une femme paraguayenne avec enfant en cabine, passagers inopportuns. Route, exil intérieur, pudeur, brève rencontre… Pas besoin d’aller plus loin pour imaginer ce qui est en jeu, ce qui se noue. En cela, les Acacias est sans doute le film le plus sage de cette sélection. Faire la route avec d'autres,
le cinéma est là aussi pour ça

Chacun y tient sa place, sans ostentation. Sans bouger, les personnages se rapprochent. Confinée dans la cabine, la caméra se pose : champ / contre-champ, plans fixes sur l’une, l’autre, l’enfant. Derrière la vitre du camion, le ruban du paysage défile dans la poussière qui danse. Et le spectateur, brinquebalé dans la touffeur diesel des changements de régime, em barque à leur bord, se laisse gagner par la monotonie infusée par le maté. Comme si, bien avant le générique, il était du voyage. Comme s’il savait que la trajectoire de ces deux-là devait se poursuivre de toute éternité. Faire la route avec d’autres, le cinéma est aussi là pour ça.





par Yves Aumont, Ouest-France, Christophe Kantcheff, Politis, Eric Loret, Libération, Isabelle Regnier, Le Monde
critiques membres du jury du FIF 85 pour la sélection des films du SDI
octobre 2011

Conduite intérieure, par Yves Aumont

Les Acacias de Pablo Giorgelli © DR 2011


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Conduite intérieure

par Yves Aumont, critique à Ouest-France, membre du jury presse ayant sélectionné ce film dans le cadre des Premières rencontres du cinéma indépendant de La Roche-sur-Yon, organisées avec le SDI

Les Acacias

En inscrivant 1 500 kilomètres de plus dans une cinématographie nationale aimantée par l'axe routier nord-sud où circulent déjà de nombreuses figures solitaires, telles Bombon el pero de Carlos Sorin, l'Argentin Pablo Giorgelli déroule avec les Acacias un scénario minimaliste, linéaire, silencieux ou presque. Ici, un camionneur mutique, une femme paraguayenne avec enfant en cabine : deux passagers inopportuns.

Route, exil intérieur, pudeur, brève rencontre... Pas besoin d'aller plus loin pour imaginer ce qui est en jeu, ce qui se noue. Sur la route des Acacias, chacun tient sa place, sans ostentation.

À l'intérieur de l'habitacle, sans bouger, deux êtres se rapprochent imperceptiblement. Confinée dans la cabine, la caméra se pose : champ/contrechamp, plans fixes sur la jeune femme, sur le routier et sur l'enfant qui doucement, tout doucement bouscule les lignes et l'organisation de l'espace.

Avec eux, le spectateur demeure, lui aussi immobile. Brinquebalé dans la touffeur diesel des changements de régime, il est à bord. Et, comme eux, se laisse gagner par la monotonie infusée par le maté. Compagnon de route amical et clandestin, il ne les observe pas, mais regarde avec, ce qui advient, sans qu'on ait besoin de dire ou de montrer plus.

Comme si, bien avant le générique, il était du voyage, posté sur le bord du chemin dans une attente indéfinie. Comme si, la portière de la cabine à peine entrouverte, il se glissait sur la banquette arrière, sans bruit, sans vouloir gêner. Et sans vouloir s'avouer vraiment ce qu'il savait déjà. À savoir que ces deux-là devaient se rencontrer de toute éternité.


Bagage accompagné

Puisque nous sommes tous du trajet, chacun peut emporter avec lui son bagage. Mais les Acacias invitent à voyager léger.

Certes. On peut s'attarder sur le titre. Acacias : l'arbuste est épineux. Son ombre est protectrice dans les paysages arides. Et on peut lire avantageusement dans les ouvrages de botanique que certaines espèces donnent naissance à de fleurs roses d'une beauté troublante. Sous l'écorce, la beauté... Et puis ? La métaphore botanique est trop encombrante pour ce voyage silencieux.

Dans cette même veine, on aurait tort, je crois, de surexposer de manière écologique et politique la scène d'ouverture : bruit acide de la tronçonneuse, paysage immobile, craquement imperceptible, rais de lumière dans le feuillage abattu. Ombres et clairières. La manière naturaliste et elliptique de Giorgelli, laisse, ici encore, le champ ouvert, simplement. Un camionneur est là qui attend sa cargaison de bois coupé, c'est tout.


Les Acacias de Pablo Giorgelli © 2012 DR


On peut également puisque de frontières il est question – emporter avec soi des papiers d'identité. La passagère est du Paraguay, lui non. Sans doute il y a quelque chose d'un rapport géopolitique dans la trajectoire du film que Le dessous des cartes pourrait éclairer. On peut même imaginer quelques substrats racistes avec les peuples autochtones... Ajouter à cela un homme, une femme. Et le machisme latino tel qu'en Europe on l'imagine... Mais le film à nouveau résiste doucement. Rien de tout cela n'est exposé, rien n'est non plus énoncé. L'un et l'autre ne sont pas du même pays, mais ils sont dans le même camion. On observe un instant de brouille, une jalousie naissante lors d'une halte, on entend une langue étrangère... Et puis ?
 






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Nous 
avons demandé
son point de vue à Yves Aumont

Le texte ci-contre est libre de droits pour les adhérents de l'ACOR et ses partenaires dans le cadre du soutien au film les Acacias.

Dans ce cas, la publication doit être assortie de la mention suivante : "Avec l'autorisation d'Yves Aumont, critique, et de l'ACOR - Association des cinémas de l'ouest pour la recherche : www.lacor.info"

Dans tous les autres cas, la publication  intégrale ou partielle de ce texte en dehors des limites fixées par la loi est soumise à  une demande d'autorisation auprès de l'ACOR : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.  qui relaiera auprès de Yves Aumont.






 

Naissance de la pudeur

Mieux vaut rester en deçà des interprétations et revenir vers la manière. Tout l'art de Giorgelli est dans la durée et dans la césure, dans un montage subtil et économe qui sait jouer avec le temps suspendu, arrêté. Dans cette façon qu'il a de pousser chaque plan vers l'instant ténu où il doit quitter son personnage. C'est ce temps, cet interstice gagné sur le silence, ces quelques images de plus, silencieuses et fugaces qui, avec la grâce des visages et des sourires esquissés, donne au film toute sa beauté pudique. Comme si le temps gagné à chaque plan était la seconde d'éternité nécessaire à la naissance de l'amour.


À l'occasion d'une leçon de cinéma, on pourrait multiplier les exemples de cet art du montage aussi millimétré que discret. On évoquera juste une scène au final. Le voyage arrive à son terme. L'homme est là qui attend près de son camion, grille une cigarette, guette le retour de la passagère. Maladroit, il demeure. C'est quoi la juste durée de l'attente ?


Un regard plus tard, un sourire, quelques mots pour la route, une invitation à traverser d'autres paysages ensemble... Et le camion redémarre. Cette fois la caméra s'attarde sur le visage du chauffeur. Elle n'est plus là, mais il est toujours avec elle. Imperceptiblement le dernier plan fixe prend son temps. Encore une seconde, puis deux... Juste un moment gagné pour que le voyage se poursuive, pour que cette histoire d'amour flirte un instant de plus avec l'éternité . 


Yves Aumont

  

Contexte du film

acacias2

Le contexte du film


d'après une interview donnée par le réalisateur
à Ciné-Blog

Le premier film de Pablo Giorgelli est une fiction. Toutefois, sa propre expérience  transparaît dans le scénario. « Au moment où j’écrivais ce fim, je traversais une crise personnelle très douloureuse puisque mon père était malade et qu’il est mort quelque temps après. Au même moment, j’ai vécu un divorce. Et suite à la crise économique en Argentine, je me suis retrouvé au chômage. Je voulais donc faire ressentir dans mon film ces moments de solitude et de douleur en plus du thème de la paternité.

Cette douleur vient de ce que l’on perd : soit la perte d’un être cher, soit la perte de quelque chose en général. C’est ça que je voulais transmettre à travers le personnage de Rubén qui est un homme endurci. Rubén s’est blindé à cause de cette douleur. Cette armure finalement lui permet de se protéger de l’extérieur. »


Le contexte du film, tel qu’il y est évoqué, renvoit à une réalité concrète en Argentine. Malgré la crise qui a frappé ce pays ces dernières années, l’émigration ne cesse de croître, notamment vers Buesos Aires. Le réalisateur souligne que, comme dans le film, il est très facile de traverser la frontière Paraguayenne, y compris à pied, sans que personne ne vous interroge.

En Argentine, le problème du racisme est très présent. Plus que dans d’autres pays d’Amérique Latine, l’Argentine compte en effet de nombreux descendants d’européens (Pablo Giorgelli lui-même est d’origine italienne, sa femme est d’origine lituanienne, le producteur est polonais…) mêlés aux population d’origine indienne ; des conflits réguliers se produisent.
Les Acacias de Pablo Giorgelli © DR 2011
Pour parler à son bébé Jacinta emploie une langue très ancienne d’Amérique du sud, le Guarani. « Au Paraguay quelque soit la classe sociale à laquelle on appartient pratiquement tout le monde parle le guarani.

Les Acacias de Pablo Giorgelli © DR 2011 

Les deux langues officielles sont le guarani et l’espagnol. Il y a même une langue un peu intermédiaire où on mélange le guarani et l’espagnol. » 

Le montage du film a été réalisé par la femme de Pablo Giorgelli, Maria Astrauskas, avec  une  première version de cent-vingt minutes. Pour aboutir à la version actuelle de quatre-vingt-trois minutes, un travail important d’élaguage à dû être effectué, pour éliminer tout ce qui n’était  pas absolument essentiel. C’est à cela sans nul doute que l’on doit cette impression qu’à la fois le temps s’étire, comme lors des longs voyages,  sans un seul instant d’ennui, avec, constamment, une situation qui évolue entre les personnages.

Le film a obtenu en 2007 le prix du scénario à Cuba, à La Havane. De là, est arrivée une proposition de coproduction de la télévision espagnole qui a permis de monter le film financièrement.


Revue de presse

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Extraits

Critiques


 
Conduite intérieure
Par Yves Aumont, Ouest-France

[…] Derrière la vitre du camion, le ruban du paysage défile dans la poussière qui danse. Rien de remarquable, ni dans le rétroviseur, ni dans l’axe du pare-brise, ni sur le bas-côté de la route. Pas d’avant, pas d’après. Paradoxalement le trajet des Acacias est un voyage immobile, un temps arrêté.
À l’intérieur de l’habitacle, pas plus d'effets. Sans bouger, deux êtres se rapprochent imperceptiblement ou presque. Tandis que, confinée dans la cabine, la caméra se pose : champ/contrechamp, plans fixes sur l’une, sur l’autre et sur l’enfant qui doucement, tout doucement bouscule les lignes et l’organisation de l’espace. […]
       
 
Interview de Pablo Giorgelli
Semaine de la critique, Cannes 2011 

 
 

Rencontre avec Pablo Giorgelli
Interview du réalisateur sur Ciné-Blog

« Au moment où j’écrivais ce fim, je traversais une crise personnelle très douloureuse puisque mon père était malade et qu’il est mort quelque temps après. Au même moment, j’ai vécu un divorce. Et suite à la crise économique en Argentine, je me suis retrouvé au chômage. Je voulais donc faire ressentir dans mon film ces moments de solitude et de douleur en plus du thème de la paternité.

Cette douleur vient de ce que l’on perd : soit la perte d’un être cher, soit la perte de quelque chose en général. C’est ça que je voulais transmettre à travers le personnage de Rubén qui est un homme endurci. Rubén s’est blindé à cause de cette douleur. Cette armure finalement lui permet de se protéger de l’extérieur. »

 

 


Pablo Giorgelli © DR 2011

 

Filmographie 

  Pablo Giorgelli est né en 1967 en Argentine.

Les Acacias est son premier long-métrage.

Il est également scénariste et monteur.


 



 
 

Fraîcheur d'un road-movie argentin d'une simplicité biblique
Par Vincent Ostria  Les Inrockuptibles



 

Las Acacias

Par Alexandra, Le Blog du cinéma
 
La qualité de la sélection des films de la Semaine de la Critique nous charme une fois encore avec Las Acacias de Pablo Giorgelli. Cet auteur traite d’un thème qui lui est cher, la paternité, au moyen d’un huis-clos souvent contemplatif. Pourtant son film ne cède jamais à l’ennui. Pablo Giorgelli souhaite que nous ressentons la longueur de ce voyage, son pari est réussit (lire la transcription de son interview). Mais cette longueur n’est pas un supplice pour le spectateur mais bel et bien une participation à ce voyage. Les dialogues sont rares, le silence est reposant et poétique. La communication s'y fait par la simple présence d'autrui. […]

 
Les Acacias de Pablo Giorgelli © DR 2011
 
 
 
 

Las Acacias, branche de vie
Par Philippe Azoury sur Libération Next


Le voyage d’un routier et de sa passagère, d’Asunción à Buenos Aires, filmé au ras du pare-brise.
 
[…] La saveur étrange de ce film, la façon dont il réussit à faire du bien à une salle entière, tient sans aucun doute à cela : il ne s’agit pas tant ici d’un voyage que d’une trajectoire de vie. Sans discours ni intention trop lourde, juste saisie comme il se doit, dans sa naissance et dans son déroulé.

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Le distributeur, Bodéga films © 2012 DR
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SDI
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