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Recours de l'ACOR sur Poitiers



Ces deux pétitions sont adresséee par des spectateurs, cinéphiles, éducateurs, citoyens attachés à la vie culturelle à la Ville de Poitiers, la DRAC Poitou-Charentes et le Médiateur du cinéma.

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Communiqué de presse • ACOR (Recours sur Poitiers)

Communiqué de presse
adressé par l'ACOR à la presse locale
(Poitiers, communauté d'agglomération Grand Poitiers)

L'ACOR a adressé deux recours au président de la CNAC – Commission nationale d'aménagement commercial statuant en matière cinématographique :

• 1e recours : contre la décision prise le 8 décembre 2010 par la CDAC de la Vienne autorisant la création d'un multiplexe de 8 salles et 1.501 places à l'enseigne Mega CGR à Fontaine-le-Comte ;

• 2e recours : contre la décision prise le 8 décembre 2010 par la CDAC de la Vienne autorisant une extension de 800 fauteuils du multiplexe Mega CGR de Buxerolles.

L'Association des cinémas de l'ouest pour la recherche, fondée en 1982, est une association inter-régionale implantée dans six régions de l'ouest de la France : Haute-Normandie, Basse-Normandie, Bretagne, Pays-de-la-Loire, Poitou-Charentes et Centre.

Elle regroupe vingt-cinq structures publiques et privées (cinémas pour la plupart labellisés "recherche" et associations) tournées vers la défense de l'art et essai et de la recherche dans le cinéma.

L'ACOR a pour principal objectif la mise en œuvre, seule ou en collaboration avec des partenaires extérieurs, de pratiques communes de programmation, d'animation et de promotion des films, destinés à favoriser la découverte de nouveaux spectateurs et la rencontre des publics avec des œuvres cinématographiques et audiovisuelles variées et de qualité.

Dans ce cadre, elle défend la diversité culturelle, et combat tout ce qui lui paraît susceptible de porter atteinte :

• à l'accès aux salles, c'est-à-dire aux usagers, des films les plus fragiles économiquement ;

• à l'accès des salles art et essai et recherche aux films art essai forts économiquement ;

• à la pérennité des salles art et essai et recherche.

Le projet global soutenu par la communauté d'agglomération du Grand Poitiers, s'il devait voir le jour, renforcerait un déséquilibre évident à l'échelle du territoire pour la diversité culturelle cinématographique et la pérennité des salles art et essai et recherche :

• création d'un multiplexe de 8 salles et 1.501 fauteuils au Mega CGR à Fontaine-le-Comte ;

• 800 fauteuils supplémentaires pour le Mega CGR de Buxerolles ;

• fermeture du cinéma le TAP (1 écran) et hébergement de 3 salles art et essai "Tap" dans le CGR Castille du centre ville contre versement d'un loyer à CGR ;

• aucune mesure particulière concernant le Dietrich.

CGR se retrouverait alors structurellement dans une position dominante renforcée, qu'elle soit directe (sur 29 écrans, GCR en exploiterait 25) ou indirecte (CGR toucherait un loyer essentiellement financé par l'argent public pour l'exploitation par le Tap de 3 des 8 salles du Castille), sans que soit offerte aux autres exploitants situés sur ce territoire une situation qui tienne compte de leurs besoins et de l'intérêt des œuvres cinématographiques et du public, sans offrir par ailleurs aucun gage de pérennité. Dans une telle configuration, aucun accord de programmation n'est susceptible de résoudre l'accès des films aux salles et inversement des salles aux films.

Aux yeux de notre association et de ses adhérents, la mise en œuvre d'un tel projet constituerait un grave précédent. La communauté d'agglomération Grand Poitiers n'a pas étudié ni discuté l'alternative proposée par la Scène nationale le TAP. Pourtant, cette proposition a plusieurs mérites :

• celui de contribuer à une meilleure diversité de l'offre cinématographique,

• celui de ne pas écarter le cinéma le Dietrich du projet,

• celui d'offrir de meilleures conditions d'exploitation susceptibles de garantir la pérennité du TAP cinéma,

• et enfin, pour les équipes hébergées dans le cadre du TAP cinéma, celui d'offrir des conditions matérielles de travail semblables à celles d'aujourd'hui (notamment au niveau des bureaux).

Comme nous l'avions exprimé officiellement à plusieurs reprises sans succès (en séance publique au TAP cinéma le 16 juin dernier, en présence de l'élu aux finances et de l'élue à la culture de la Ville de Poitiers, du rapporteur de la Commission du développement économique de l'agglomération Grand Poitiers ; par le biais d'un courrier que nous avons envoyé au TAP le 04 octobre dernier transmis par ce dernier à la Commune de Poitiers et à la DRAC), nous souhaitons que, d'ici la CNAC, l'hypothèse proposée par le TAP et, le cas échéant, un projet indépendant du Dietrich, soient étudiés et pris en compte dans le projet global de réaménagement de l'offre cinématographique sur le Grand Poitiers.

 

Yannick Reix, président de l'ACOR
Isabelle Allo et Fabrice Ricque, vice-présidents.
Catherine Bailhache, coordinatrice