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Le film





Matins calmes à Séoul
(The Day He Arrives)
de Hong Sang-soo

Corée du sud  | 2011 | 1H19 | distribution : Acacias films
avec Yu Junsang, Kim Bokyung, Kim Sangjoong, Song Sunmi
sortie nationale :  16 mai 2012

Un film choisi par un jury composé de :
Yves Aumont • Ouest-France
Catherine Bailhache • ACOR
Christophe Kantcheff • Politis
Eric Loret • Libération
Isabelle Regnier • Le Monde


Le film  Matins calmes à Séoul  (The Day He Arrives) de Hong Sang-soo est soutenu par l'ACOR. Il a été choisi dans le cadre de la collaboration de l'ACOR avec le SDI - Syndicat des distributeurs indépendants et le FIF 85 – Festival international du film de La Roche-sur-Yon autour des Premières rencontres du cinéma indépendant de La Roche-sur-Yon.

Chez Hong Sang-soo,
c'est l'existence elle-même, infiniment passive
et éternelle, qui regarde
les personnages

.

Aucun des amateurs du cinéma d'Hong Sang-soo ne sera étonné d'apprendre que Matin calmes à  Séoul (The Day He Arrives) tourne autour de beuveries, séductions, rejets et autres embarras sociaux. La surprise vient de ce que – une fois de plus – cela semble si neuf, si peu familier.

Depuis plusieurs années, Yoo Seongjun a déménagé pour enseigner à Taegu. Il revient  à Séoul pour rendre une visite impromptue à son ami Yougho. Au fur et à mesure que les jours égrènent les motifs de répétitions et de variations, il devient clair pour le spectateur qu'il assiste à une série de propositions, aux rêveries d'un homme transformant rencontres et conversations sur un mode aléatoire en autant de scénarios potentiels.







Texte de Eric Loret


Matins calmes à Séoul



Un texte de Eric Loret, critique et journaliste à Libération, membre du jury presse du FIF 85 ayant choisi ce film dans le cadre des Premières rencontres du cinéma indépendant de La Roche-sur-Yon, organisées avec le SDI.
 



Nous avons demandé

à Eric Loret 

de nous donner
son point de vue
 

 
Le texte ci-contre est libre de droits pour les adhérents de l'ACOR et ses partenaires dans le cadre du soutien au film Matins calmes à Séoul.

 Dans ce cas, la publication doit être assortie de la mention suivante : "Avec l'autorisation d'Eric Loret et de l'ACOR - Association des cinémas de l'ouest pour la recherche : www.lacor.info"

Dans tous les autres cas, la publication  intégrale ou partielle de ce texte en dehors des limites fixées par la loi est soumise à  une demande d'autorisation auprès de l'ACOR : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. qui répercutera auprès d'Eric Loret.






Un homme descend une rue, vu de loin, l'air tranquille. Soudain, il regarde derrière lui, puis oblique et traverse le passage piéton en courant. Arrivé de l'autre côté, il s'arrête net et sort un téléphone de sa poche. La caméra zoome violemment. Voix off: «son portable est toujours éteint. J'aurais dû le prévenir avant d'arriver. Je n'ai qu'à attendre ici, je n'ai nulle part où aller. Je ne verrai que Youngho. Personne à voir à part lui.». Du coup, il fait mentalement la liste de ce qui pourrait combler son séjour à Séoul, si son ami n'est pas là : se promener, acheter des livres, bien manger, puis rentrer «vite fait». Quelques plans de marche plus tard (dont un ayant introduit un couple vu de dos, aussitôt délaissé par la caméra), une voix de femme sort du néant et hèle notre héros: «Monsieur Yoo ! Qu'est-ce que vous faites ici ? » Il se passe un temps infini (cinématographiquement parlant) avant qu'elle ne surgisse par la gauche de l'écran. Plan de deux immobiles au milieu de la rue. Conversation d'exposition. Où l'on apprend que Yoo est réalisateur et qu'il ne tourne plus. Que la jeune femme est prof de cinéma et qu'elle cherche ses étudiants. Elle lui dit pour finir : «Faites un tour puis revenez par ici. Je vous attends.»

Ce n'est pas la première fois que les personnages de Hong Sang-soo font "retour". Ils ont même d'une certaine façon le tournis. C'est la trame habituelle de ses films, on le sait : un réalisateur (ou un écrivain) en voie de ratage revient sur le lieu d'anciennes amours. En général il rencontre de vieux étudiants, ils vont boire puis, sous l'effet de l'alcool, situations et dialogues se mettent à tourner. Dans Matins calmes à Séoul, cette structure en manège est posée dès le début et à son maximum : «revenez par ici, je vous attends». Phrase absurde, prononcée nulle part, comme si c'était la vie elle-même (ou la mort) qui parlait au personnage. Pour le spectateur peu familier de Hong, le rythme est donné lui aussi dès l'abord : flânerie, brusque accélération sans raison (ou zoom intempestif), arrêt tout aussi immotivé. C'est le temps de l'attente, à la fois entièrement passif (que faire avant que le moment ou la chose promis n'arrivent) et, paradoxalement, tissé d'urgence, mû par une poussée interne du désir, qui tente de faire advenir plus vite ce dont on ignore le moment. C'est à la fois interminable et, comme le dit Yoo, «vite fait».

L'autre chose qui saute aux yeux, c'est l'absence des interlocuteurs de Yoo. Plus encore que d'habitude, Hong Sangsoo ne franchit presque jamais les seuils. Si un personnage sort de l'écran, il continue sa vie dans le vide, la caméra ne le suit pas. Ou bien à l'inverse, c'est le dehors qui appelle le héros, un mur s'adresse à lui avant qu'une jeune femme ne fasse irruption dans le cadre, à la lisière duquel elle demeure ensuite. Ce n'est pourtant pas filmé comme du théâtre, il n'y a pas abolition du hors-champ, au contraire. Lorsque Yoo se promène, dans la séquence d'introduction que nous avons décrite, on aperçoit à un moment un couple de dos, marchant dans la distance. Le montage est tel qu'on croit d'abord que c'est Yoo, accompagné d'une femme. Puis la caméra pivote vers la gauche, abandonne les tourtereaux et découvre au premier plan Yoo, qui les observe. Elle pivote encore, et l'on suit Yoo au point où la voix de son ancienne étudiante ou collègue va l'appeler. Et tout le film, au final, est comme ça : il balaie l'espace à 360 degrés, revient à son point de départ, tout en occultant l'essentiel de ce qui constitue le monde réel ou référent. Si bien que lorsqu'une voix interpelle Yoo depuis le dehors ou qu'un personnage sort du cadre, il n'est pas perdu pour autant : il est simplement passé dans une autre partie du film, où on le retrouvera, le temps que la caméra ait accompli une révolution complète.

Ainsi de la mystérieuse et unique serveuse du bar Roman (on ignore si en coréen le bar s'appelle en effet comme un "roman", c'est-à-dire une fiction, ou bien si c'est une transcription phonétique) qui n'est jamais là et laisse son échoppe ouverte. Durant tout le film, les personnages, attablés dans le bar, ne cessent de se demander ce qu'elle peut bien faire, quand elle va revenir et si elle a vraiment le droit d'être absente comme ça. La réponse est en quelque sorte donnée vers le deuxième tiers du film : lorsqu'elle n'est pas là, la serveuse fait les courses et en profite pour rouler des pelles à Yoo devant le bar. Peu importe que Yoo soit aussi dans le bar, attablé : car dedans et dehors entretiennent ici des relations perverses.

C'est le sens d'un des dialogues qui se répètent au long de Matins calmes... Un personnage peu sympathique explique à trois autres, la serveuse du Roman et Youngho, que pour séduire une fille, il suffit de lui dire : «Tu sembles être très ouverte et rieuse, mais tu caches au fond de toi des pensées tristes et sombres.» Et aussitôt, la fille est supposée répondre : «Oh la la, comment tu as deviné ? C'est exactement moi». Puis, par plaisanterie, il explique à son interlocutrice qu'elle-même, sous ses airs froids et pragmatiques, est en réalité très émotive. Et là, flop intégral de l'ironie, la serveuse rétorque en substance «comment tu as deviné ? C'est exactement moi». Le dialogue revient un peu plus tard, dans un autre bar. Cette fois, c'est Yoo qui est face à Youngho et Boram, sa meilleure amie. Yoo explique que la femme idéale pour lui est celle qui cherche à cacher son émotivité. Et Boram de s'étonner à son tour, comme la serveuse l'avait fait : «C'est étrange, je suis comme ça» On pourrait imaginer que les femmes sont idiotes ou que Hong est misogyne. En réalité, on vient d'assister au retournement du dedans en dehors et du faux en vrai. Il y a une fable, une duperie, un moment faux qui consiste à embobiner une femme en lui débitant une vérité générale sur l'humanité : que notre personnage social ment sur notre personnalité. Pourtant, cette fiction provoque un moment de vérité, quand le personnage abandonne sa défense et se rabat sur sa personnalité en déclarant : «c'est tout à fait moi». C'est-à-dire : «cette fiction, c'est tout fait moi». Il n'aura du coup échappé à personne que la fable, racontée par Boram, du chien perdu qui attend qu'on vienne le chercher correspond en vérité à la situation de Yoo.

A force de se retourner comme un gant sur lui-même, Matins calmes à Séoul prend la forme d'une boule (boule à neige et conte de Noël, avec sapins clignotants dans les arrière-plans) ou d'un oeuf, point minuscule d'où peut naître tout un univers. La récurrence effrénée des scènes au bar Roman, avec l'absence répétée de la serveuse, puis son retour, puis les phrases identiques de Youngho («nous allons juste grignoter. Est-ce que vous voulez vous joindre à nous ?»), indique d'ailleurs peut-être que le temps restitué que nous croyons vivre n'est en réalité qu'un même plan dont on nous montre les différentes prises, et qui serait donc un instant, plutôt qu'une chronologie. Matins calmes à Séoul est en forme de spirale concentrique, serré comme un ressort prêt à disjoncter. Raison pourquoi les dernières minutes du film, au lieu de finir par l'implosion qu'on attendrait, choisissent l'autre option de sa mécanique hélicoïdale : la détente, relâche comme on dit au théâtre, la reconnaissance. Yoo se promène dans la rue et cette fois, au lieu que les autres lui adviennent, c'est lui qui va à la rencontre de ses anciens collaborateurs, lesquels l'accueillent froidement. Il finit sous l'objectif photographique d'une fan qui a vu tous ses films, nouvelle incarnation de cette existence infiniment passive et éternelle, qui, chez Hong Sang-soo, observe les personnages.

Eric Loret

 

FA Cannes




 Matins calmes à Séoul
(The Day He Arrives)
de Hong Sang-soo

Corée du sud  | 2011 | 1H19 | distribution : Acacias films
avec Yu Junsang, Kim Bokyung, Kim Sangjoong, Song Sunmi
sortie nationale :  16 mai 2012

Un film choisi par un jury composé de :
Yves Aumont • Ouest-France
Catherine Bailhache • ACOR
Christophe Kantcheff • Politis
Eric Loret • Libération
Isabelle Regnier • Le Monde



Le film Matins calmes à Séoul (The Day He Arrives) de Hong Sang-soo est soutenu par l'ACOR. Il a été choisi dans le cadre de la collaboration de l'ACOR avec le SDI - Syndicat des distributeurs indépendants et le FIF 85 – Festival international du film de La Roche-sur-Yon autour des Premières rencontres du cinéma indépendant de La Roche-sur-Yon.

Jury presse FIF 85



Le cœur et les raisons






par Yves Aumont, Ouest-France,  Christophe Kantcheff, Politis,  Eric Loret, Libération, et Isabelle Regnier, Le monde,
critiques membres du jury du FIF 85 pour la sélection des films du SDI





Le SDI – Syndicat des distributeurs indépendants – a proposé à ce jury des films inédits dont la sortie était prévue à l'époque dans les mois suivants. Les quatre films dont il est question ici sont ceux retenus par le jury. En octobre dernier, ces films ont fait partie d'une programmation montrée dans le cadre du Festival international du film de La Roche-sur-Yon, dans le cadre des Premières rencontres du cinéma indépendant du Festival.

Après l’expérience plaisante et enrichissante du jury de la presse l’an dernier, le festival de la Roche-sur- Yon nous a sollicités pour sélectionner les films du Syndicat des distributeurs indépendants présentés lors de l’édition 2011.

Demande inhabituelle pour un quatuor de critiques venus d’horizons différents. Fallait-il cesser d’exercer notre métier et composer une programmation ? Nous l’avons tenté d’abord. Notre sélection devait-elle être éclectique, consensuelle, représentative des films qui nous étaient soumis ? Cet essai a fait long feu : pour chacun de nous, seuls deux ou trois films comptaient réellement.

Nous avons donc décidé d’affirmer un choix résolu, une sélection cohérente et stimulante. Notre désir de la proposer aux spectateurs en est d’autant plus vif. « Un choix résolu », cela signifie en premier lieu l’adhésion la plus large au sein de notre petit collectif, et justifiée par des arguments forts. Ainsi, sur les douze films qui ont été donnés à voir, nous en avons retenu quatre : My Land de Nabil Ayouch, les Acacias de Pablo Giorgelli, The Day He Arrives de Hong Sang-soo et Il n’y a pas de rapport sexuel de Raphaël Siboni, les deux derniers l’ayant été à l’unanimité. Certes, nous ne pouvons revendiquer de révéler quatre œuvres inédites : les films de Hong Sang-soo sont régulièrement sélectionnés à Cannes, et les Acacias y a obtenu cette année la Caméra d’or (prix réservé à un premier film, toutes sections confondues). Mais nous n’avions aucune raison d’écarter ces films, bien au contraire, dès lors que nos choix ont été avant tout guidés par l’idée que nous nous faisons de l’exigence cinématographique, comme d’une ouverture, d’une surprise à partager.




Il n'y a pas
de rapport sexuel
ouvre des abîmes
de questionnements


Surpris, nous l’avons été par Il n’y a pas de rapport sexuel de Raphaël Siboni, un film qui frappe autant par ce qu’il montre que par le geste qui en est à l’origine. Plus connu dans le milieu de l’art contemporain où son nom est toujours associé à celui d’un autre artiste, Fabien Giraud, Siboni change ici de partenaire mais reste fidèle à l’éthique collaborative qui est au cœur de son travail. Ce documentaire est un pur film de montage, conçu à partir d’images froidement filmées pendant dix ans sur les plateaux des tournages X de HPG. Sans porter aucun jugement, Il n’y a pas de rapport sexuel ouvre des abîmes de questionnements : sur la sexualité, la solitude moderne, les mystères du désir et du plaisir, la domination et l’aliénation.




Mettre à mal les certitudes et les modes de représentation du spectateur, se donner comme un miroir grossissant, très déstabilisant, du monde tel qu’il va, c’est aussi le travail de My Land, documentaire du cinéaste franco-marocain Nabil Ayouch sur le conflit israélo-palestinien.
Contrairement à d’autres, Ayouch ne défend pas une cause, ni n’entonne l’air consensuel de la réconciliation à tout prix. Il s’inscrit plutôt dans le prolongement d’une démarche personnelle, celle d’un homme parvenu à dépasser une position strictement passionnelle vis-à-vis d’Israël et des injustices commises envers le peuple palestinien, en un désir de voir sur place, de se confronter à la situation dans toutes ses nuances. 
Mettre à mal les certitudes
et les modes de représentations
du spectateur […],
c'est aussi le travail de My Land


My Land est fondé sur une belle idée de cinéma, qui a consisté à filmer les témoignages de vieux Palestiniens réfugiés au Liban depuis qu’ils ont été chassés de leurs terres par l’armée sioniste en 1948, et de les faire entendre à de jeunes Israéliens qui vivent aujourd’hui sur ces mêmes terres, dont la plupart sont dans le déni des circonstances tragiques qui ont présidé à la création de leur pays. Ces images agissent sur eux comme un retour du refoulé. L’intensité de leurs réactions atteste d’un malaise diffus autant que de leur attachement indéfectible au lieu où leur vie se déploie. My Land concentre toute la complexité politique et psychologique de ce conflit, qui ne peut pourtant rester sans solution. Ce n’est pas la moindre de ses qualités.




Chez Hong Sang-soo, c'est l'existence elle-même, infiniment passive et éternelle, qui regarde les personnages

Aucune politique ou sociologie visible au contraire chez le Coréen Hong Sang-soo.
Dans The Day He Arrives, la musique est connue. C’est une ritournelle qu’on revisite avec le même plaisir, depuis dix ans qu’on le fréquente. On boit, on s’engueule, un cinéaste raté rencontre des femmes, des étudiants, le temps d’un séjour à Séoul. Les tables se suivent et se ressemblent, on dit ce qu’on ne pense pas, on ne fera pas ce qu’on dit, on ne sait plus ce qu’on pense.  
The Day He Arrives est une petite forme, un film de poche, en noir et blanc, et Séoul ressemble à Venise sous la neige. Economie des plans, éloge de l’amour court, puisqu’on ne drague ici que dans le but de se quitter ensuite pour toujours. Avec ce film bref, jamais on n’avait aussi bien aperçu que, chez Hong Sang-soo, c’est l’existence elle-même, infiniment passive et éternelle, qui regarde les personnages.




Autre existentiel, l’Argentin Pablo Giorgelli déroule un scénario minimaliste, linéaire, silencieux ou presque, en inscrivant 1.500 kilomètres de plus dans une cinématographie nationale aimantée par l’axe routier nordsud où circulent déjà de nombreuses figures solitaires, telles Bombón el Perro de Carlos Sorin. Ici, un camionneur mutique, une femme paraguayenne avec enfant en cabine, passagers inopportuns. Route, exil intérieur, pudeur, brève rencontre… Pas besoin d’aller plus loin pour imaginer ce qui est en jeu, ce qui se noue. En cela, les Acacias est sans doute le film le plus sage de cette sélection. Faire la route avec d'autres,
le cinéma est là aussi pour ça

Chacun y tient sa place, sans ostentation. Sans bouger, les personnages se rapprochent. Confinée dans la cabine, la caméra se pose : champ / contre-champ, plans fixes sur l’une, l’autre, l’enfant. Derrière la vitre du camion, le ruban du paysage défile dans la poussière qui danse. Et le spectateur, brinquebalé dans la touffeur diesel des changements de régime, em barque à leur bord, se laisse gagner par la monotonie infusée par le maté. Comme si, bien avant le générique, il était du voyage. Comme s’il savait que la trajectoire de ces deux-là devait se poursuivre de toute éternité. Faire la route avec d’autres, le cinéma est aussi là pour ça.





par Yves Aumont, Ouest-France, Christophe Kantcheff, Politis, Eric Loret, Libération, Isabelle Regnier, Le Monde
critiques membres du jury du FIF 85 pour la sélection des films du SDI
octobre 2011

Revue de presse

Biographie de Hong Sang-soo

 

Depuis ses débuts marquants avec Le jour où le cochon est tombé dans le puits, le réalisateur Hong Sang-soo a écrit et réalisé de nombreux longs métrages. Les personnages et les situations qu’il crée semblent à première vue procéder de l’improvisation et du hasard, mais à y regarder de plus près, on découvre que le réalisateur poursuit sa propre esthétique, cohérente, calculée, de manière complexe et détaillée. Film après film, Hong Sang-soo continue de mûrir son langage cinématographique et une esthétique originale. Il est reconnu comme l’un des grands maîtres du cinéma coréen contemporain.



2011 • Interview de Hong Sang-soo : blog-cannes.filmdeculte.com 

2011 • Entretien vidéo réalisé par la Cinémathèque française




2011 • Dossier de presse créé par la Cinémathèque française à l'occasion d'une rétrospective des films du réalisateur

Patientez le temps du téléchargement…

      


2008 • Dossier sur le cinéma de Hong Sang-soo, poussière-temporelle




Filmographie à ce jour   (novembre 2011)

2011 Matins calmes à Séoul /The Day he arrives  | 64e Festival de Cannes • Un certain regard |

2010 Oki's Movie

2010 Hahaha | 63e Festival de Cannes • Prix Un certain regard |

2009 Les Femmes de mes amis  | 62e Festival de Cannes • Quinzaine des réalisateurs |

2008 Night and Day | 58e Berlinale • Compétition | 46e New York Film Festival |

2006 Woman on the Beach | 31e Festival International du film de Toronto • special presentations | 57e Berlinale • Panorama | 22e Festival International du film de Mar del Plata • prix du meilleur réalisateur|

2005 Conte de cinéma | 58e Festival International du Film de Cannes • compétition |

2004 La femme est l'avenir de l'homme | 57e Festival de Cannes • compétition |

2002 Turning Gate

2000 La vierge mise à nu par ses prétendants | 53e Festival  de Cannes • Un certain regard |

1998 Le pouvoir de la province de Kagwon | 51e Festival de Cannes • Un certain regard |

1996 Le jour où le cochon est tombé dans le puits



Voir aussi la biographie sur le site du Ciné club de Caen 






Textes critiques
(extraits)


«Le Jour où il arrive», cristallin Hong Sang-soo
Philippe Azoury • Libération

The Day He Arrives © DRA nouveau en compétition pour Un certain regard, le Coréen décline ses thèmes dans une œuvre délicate.

 Pour sa septième visite en terre cannoise, Hong Sang-soo est encore une fois en sélection Un certain regard. Après avoir connu le vertige de l’officielle (en 2004 et en 2005), et surtout après avoir été, l’an passé, lauréat de cette même compétition avec Hahaha - celui de ses films qui aurait dû figurer en compétition tant il était splendide.

Mais voilà : Hahaha comme le Jour où il arrive sont des films d’une telle douceur, d’un tel naturel, ils sont comme tombés d’une eau si claire, qu’il n’en faut pas plus, pour la critique comme pour les sélectionneurs, pour les confondre avec des films mineurs. […]


The Day He Arrives, cruel et désopilant Hong Sang-soo
Eric Vernay • cinema.fluctuat.net   

The Day He Arrives © DRIl y a les coréens nihilistes, façon Park Chan Wook (Old boy) ou Na Hong-Jin (The Chaser), qui présentait son Yellow Sea (aka The Murderer) aujourd'hui dans la section Un certain regard. Et puis il y a Hong sang-soo, le délicieux HSS, dont le dernier film, The Day He Arrives, est un nouvel enchantement, aussi désopilant que désenchanté. Le réalisateur de Les Femmes de mes amis continue son travail d'épure et de déconstruction entamé dans Hahaha, Prix Un certain regard l'an dernier, pour raconter l'histoire d'un homme qui revient à Séoul. […]

Consultez le texte complet



Nuit d'ivresse
Gregory Coutaut • Filmdeculte.com

The Day He Arrives © DRHabitué des grands festivals de Cinéma (Cannes comme ailleurs), le Coréen Hong Sang-Soo n’est pas seulement l’un des réalisateurs les plus prolifiques de son pays (surtout depuis la retraite anticipée de Kim Ki-Duk), c’est aussi tout simplement l’un des meilleurs. Sa direction d’acteur, son écriture à la fois sentimentale, précise et légèrement ironique, sa mise en scène discrète et élégante… tout cela explique que oui, Hong Sang-Soo a bien de bonnes raisons d’être cette année encore à Cannes, avec un nouveau film à présenter, après Hahaha l’an dernier (grand prix Un Certain Regard) et Oki’s Movie à Venise. L’ironie de cette situation vient aussi du fait que, sans être évidemment les mêmes, tous ses films se ressemblent beaucoup, et les éléments narratifs qui les composent (fille + garçon + alcool + cinéma) restent immuables. La surprise, c’est justement que l’enchantement se renouvelle à chaque film, qu’il fonctionne encore à chaque fois et que chaque long métrage parvienne à garder sa personnalité propre
. […]
Le Jour où il arrive
Gregory Coutaut • Because we Cannes

[…] On l’a déjà dit pour ses deux dernières œuvres et on le redit à nouveau : Hong Sang-Soo vient de réaliser l’un de ses tout meilleurs films. Le Jour où il arrive est son film le plus simple depuis longtemps, la narration s’y fait limpide et moins frontalement théorique que dans ses derniers essais. Une seule et même histoire, ici, et même pas coupée en deux. A peine l’une des actrices joue-t-elle un double rôle. Ce qui le démarque encore plus, c’est avant tout d’être le film le plus franchement drôle de son auteur (et soit dit en passant, le plus drôle du festival cette année). […]



The Day He Arrives
Victor Lopezeastasia.fr
The Day He Arrives © DR[…] Si les personnages de Hong Sang-soo, à l’image du héros de ce The Day He Arrives, sont souvent des cinéastes qui ne font pas grand-chose, éternels glandeurs qui passent leur temps à boire et à draguer, le cinéaste tourne quant à lui films sur films avec une frénésie hallucinante. C’est un peu comme si la peur de la procrastination, loin de l’immobiliser comme ses personnages qui végètent, le forçait à une hyperactivité artistique. Et on ne va pas s’en plaindre, tant il est agréable de retrouver la musique connue de Hong aussi régulièrement. […]

 

 
Les tribulations d'un homme qui en hiver se rend trois fois de suite au même endroit
N.T. Binheven.fr
 
The Day He Arrives © DRLe Hong Sang-soo nouveau est arrivé ! Rien de nouveau sous le soleil, certes, mais les accros au Rohmer coréen se réjouissent chaque année du dernier cru. Et ma foi, le voici en bonne forme : narcissique et nostalgique, drôle et marivaudant. Avec un noir et blanc plus « Nouvelle Vague » que nature, un scénario plus « mise en abyme » que jamais, et des personnages qui s’alcoolisent avec toujours autant de jubilation ! […]

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